L’histoire du processus d’agrément Gonette

Une démarche engagée

Le processus d’agrément au réseau de La Gonette a été discuté et débattu début 2015, au sein de l’association. Il a fait l’objet de réajustements en mai 2016 dans un souci de fluidité et d’efficacité. Ce n’est pas un sujet simple ni anodin car il détermine la constitution du réseau que l’on veut pour la circulation de notre monnaie citoyenne. Cela mérite donc quelques explications.

 

> Sortir de l’entre-soi

Une composante importante de nos débats est que nous avions une vraie volonté de sortir de l’entre-soi. Souvent, les projets qui soutiennent des valeurs écologiques, environnementales, ou sociales, entre autres, se voient adoptés par un groupe reconnu de militants acquis à la cause.

La Gonette tente d’aborder des sujets de fond tels que les dysfonctionnements monétaires et financiers qui touchent tout le monde, indifféremment de leurs classes sociales ou de leurs opinions politiques. Nous souhaitons que tout un chacun puisse s’approprier le projet et participer à cette expérimentation monétaire qui porte en elle le projet d’une société renouvelée où l’économie au sens large est replacée dans le champ social et donc politique. Ainsi nous avons choisi une gouvernance collégiale entièrement ouverte et transparente pour ce projet, de manière à ce que chacun puisse s’en saisir, le comprendre, et participer à en déterminer les règles du jeu. >> voir les statuts de l’association.

> Garder une cohérence et un contrôle

Sortir de l’entre-soi, certes la porte est ouverte, mais nous souhaitons contrôler l’entrée pour garder une certaine cohérence. La Gonette est un projet de monnaie citoyenne qui vise à soutenir et promouvoir certaines valeurs visant à accompagner la transition vers une économie plus respectueuse de la nature et des Hommes.

Il apparaît aussi dans notre charte plusieurs principes (local, social, humain, écologie) que nous souhaitons voir incarner dans le réseau Gonette. Quelle belle métaphore que celle qui compare l’argent dans notre économie au système sanguin du corps humain : Là où le sang circule, il donne la vie. La manière que nous avons de dépenser notre argent et un véritable bulletin de vote, et la question qui est posée est : « Quels organes de notre société voulons-nous alimenter pour qu’ils survivent et composent notre monde demain ? »

Alors comment choisir ?

 

> Pas un « label de qualité »

Sortir de l’entre-soi en ouvrant la porte à tous tout en fixant des limites et un contrôle à l’entrée… Comment faire ?

Nous pourrions fixer un barème pour évaluer la qualité des structures qui veulent intégrer le réseau et ainsi déterminer qu’au-dessus de telle note obtenue, une structure est acceptée, en dessous, il faudra fournir quelques efforts supplémentaires pour entrer dans le cercle.

Cela ne correspond pas tout à fait à la démarche inclusive souhaitée. En procédant ainsi, on ne fait que filtrer ceux qui sont déjà bien ancrés dans les valeurs et les incarnent de manière pratique, au quotidien, avec une certaine qualité. Nous considérons qu’au sein de son activité, une structure, comme c’est le cas pour les particuliers, peut partager les valeurs, avec sincérité, sans toutefois les incarner à 100%.

L’environnement dans lequel nous évoluons aujourd’hui ne nous permet pas toujours d’incarner autant que nous le voudrions les valeurs qui nous semblent importantes. Certains y arrivent mieux, plus vite, de manière plus efficace, tandis que d’autres rencontrent de nombreux obstacles sur la route, des obstacles externes, ou parfois des obstacles internes. Plutôt que de mettre ces structures à l’écart de notre réseau, la volonté est de les intégrer et de les soutenir dans leur démarche.

Nous préférons donc une démarche de type « label d’engagement » plutôt que de type « label de qualité ».

D’abord, car nous n’avons et ne prétendons pas développer la compétence pour suivre et contrôler la qualité de tout un réseau, dans des domaines d’activité très variés, sur le long terme. Ensuite, car il existe déjà de nombreux labels de qualité dans tous les domaines (ou presque…) et cela ne servirait à rien d’en créer un de plus. Enfin, car à choisir, nous préférons un engagement sincère pour incarner ces valeurs partagées, même si la réalisation, dans la pratique, est balbutiante ou maladroite (cela se corrige avec du temps et de la bienveillance dans le dialogue…) plutôt qu’un engagement de qualité mais avec des intentions douteuses.

 

> Un « label d’engagement » donc…

Alors voilà, après de long mois d’échanges, de brainstorming, et de débats animés, nous avons trouvé un processus qui intègre la notion de confiance qui nous est chère à un processus inclusif, mais limitant, et qui respecte le cap donné par notre Charte des valeurs.

Ce processus est souple, participatif, et a été choisi, non pas à une majorité relative, absolue, ni même qualifiée, mais au consentement !