La Gonette rencontre l’Eusko

 

Enquête au Pays Basque du 26 au 31 juillet 2014

 

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L’Eusko est la Monnaie Locale Complémentaire (MLC) du Pays Basque Nord. Née le 31 janvier 2013 elle est acceptée par près de 600 organisations et utilisée par plus de 2500 membres d’Euskal Moneta. Elle figure parmi les 5 MLC les plus développées d’Europe et en moins de deux ans. Ce projet nourrit l’espoir de toute la communauté des monnaies complémentaires et sert d’ores et déjà de cas d’école pour plusieurs projets en développement.

La_Gonette_rencontre_l’Eusko vf  (article au format pdf avec photos et scémas)

Nicolas Briet fait partie du projet de monnaie complémentaire lyonnais, La Gonette. L’équipe est composée d’une dizaine de personnes qui ont démarré fin 2011 à la suite d’une conférence de Frédéric Bosqué. Le projet Gonette amorce sa phase de financement à la rentrée 2014 et lancement fin 2015.

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Rencontre d’un prestataire du réseau Eusko :

La première expérience fut dans la chambre d’hôtes « Mendi Bixta » à Iroulégui, prés de St-jean-Pied-de-Port dans les Pyrénées atlantiques. J’ai reçu un accueil très chaleureux malgré le fait que je sois arrivé a 23h au lieu de 22h. Je les avais choisi parce qu’ils acceptaient l’Eusko, et je ne fut pas déçu. Virginie et Philippe, nos hôtes d’accueil, sont deux militants de longue date qui ont adhéré à l’Eusko dès la première heure. Ils le font parce qu’ils adhèrent profondément avec la philosophie du projet. Malgré le fait qu’ils figurent dans la liste de prestataires eusko depuis plus d’un an, j’étais leur premier client à payer en eusko. Ils souffrent d’ailleurs, plus généralement, d’une ralentissement sérieux du nombre de réservations de leurs 3 chambres, malgré la qualité remarquable de leur gîte, leurs bons plats traditionnels et de leur sens de l’accueil. Il y a deux ans, durant l’été leur gîte était tout le temps plein. Ça s’est sérieusement calmé et ils ont eu des échos similaires de plusieurs collègues dans le tourisme. La météo et surtout la crise, ont ralenti ce secteur.

Le but de l’économie et des monnaies complémentaires est de maximiser la mise en relation entre les besoins exprimés et les ressources non utilisées. Ici nous avons des chambres de gîte qui sont vide 70 % du temps. Il y a sûrement aussi des personnes qui seraient contentes de passer un séjour au pied des Pyrénées avec des gens fort chaleureux et excellents cuisiniers. Comment alors, est-ce qu’une monnaie locale pourrait aider à remplir ce gîte plus souvent ?

Idée#1 : Proposer dans les offices de tourisme des enveloppes « monnaies locales » incluant une carte d’adhérent, provisoire ou annuelle (il faut être membre de l’asso pour utiliser l’Eusko). Les touristes pourraient changer leurs euros en monnaie locale, comme lorsqu’ils partent à l’étranger. La différence étant qu’ici, ils s’assurent que l’argent qu’ils dépensent pendant leur séjour vient à 100 % soutenir durablement ce territoire. Parce qu’après leur passage les propriétaires de la chambre d’hôtes ne pourront utiliser leurs euskos qu’auprès de paysans locaux, de petits commerçants, prestataires, etc.

Rencontre d’un acteur d’euskal moneta :

Nous nous sommes donnés rendez-vous au resto bio « oihan’art » de St-Jean-Pied-de-Port qui accepte les euskos. Adrien est impliqué dans Bizi et Euskal Moneta depuis plusieurs années. Il était présent à la création de l’Eusko et l’organisation du premier Alternatiba du 6 octobre 2013 à Bayonne, dont le succès historique a inspiré de nombreux collectifs en France. Adrien travaille pour Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG) (http://www.ehlgbai.org/). C’est à dire une chambre d’agriculture paysanne du Pays Basque célèbre pour avoir été attaquée en justice par l’Etat français. En effet. seule la Chambre d’agriculture des Pyrénées atlantiques basée à Pau est officiellement habilitée à jouer ce rôle. Le soutien assidu des Basques pour avoir leur propre chambre d’agriculture a permis de gagner tous les procès. Cette ELHG a joué un rôle important pour le succès de l’Eusko puisque le projet de monnaie locale y a été présenté à plusieurs reprises avant son lancement et que cette organisation accepte les Euskos et paye même une partie des salaires avec.

Il me raconte le processus préparatoire avant le lancement de leur monnaie locale. Ils se sont inspirés de 3 projets : l’abeille à Villeneuve sur lot, le sol violette à Toulouse et le chiemgauer en Allemagne. Ils sont parti à 5 pendant 3 jours pour étudier en détail le chiemgauer. Ce voyage fut une grande source d’apprentissage et leur a permis de faire les bons choix pour l’eusko. L’abeille à aussi joué un rôle important car c’est une conférence de Françoise Lenoble à Bayonne qui a déclenché l’envie de créer leur propre monnaie.

Idée#2 : Faire venir à Lyon des porteurs de projets monnaie complémentaires pour nous inspirer et nous donner envie de faire la notre. Dante de l’eusko serait super ou Andréa du sol violette, voir même frederic Bosqué qui passe à Lyon en octobre.

L’association Bizi a joué un rôle déterminant pour lancer la monnaie locale. Tout d’abord car c’est Bizi qui a organisé un cycle de conférences sur l’économie et fait venir Françoise Lenoble. C’est aussi les membres de Bizi qui ont portés le projet de monnaie locale dans ces premiers jours. Le déclenchement est venu lorsque Dante, qui n’est pas actif dans Bizi, a soumis l’idée de coordonner la mise en place d’une monnaie locale. Il a été jusqu’à présent l’un des piliers du projet Eusko.

Idée#3 : impliquer dans le projet les associations équivalentes à Bizi sur Lyon : Colibris, collectif pour une transition Citoyenne, Anciela, Attac Lyon,…

Le projet eusko a pris plusieurs décisions importantes dés le départ. Tout d’abord créer une association spécifique pour cette monnaie appelée Euskal Moneta. Ensuite de ne pas appliquer de fonte comme le faisaient leurs 3 monnaies modèles. Il ont opté pour une monnaie à taux zéro. Pas de fonte ni d’intérêts. Selon Dante, le choix de ne pas appliquer de fonte a simplifié l’utilisation de la monnaie est , selon lui, l’une des raisons du succès de l’eusko. Ils ont pris cette décision suite à plusieurs réunions publiques ou de nombreuses personnes avaient du mal à comprendre le système de fonte, même eux s’embrouillaient parfois.

Adrien me relate l’épisode du choix de la monnaie. Ce fut une étape fondatrice qui explique également le vaste engouement pour cette monnaie dés le lancement. Ils ont procédé en deux étapes, ou deux tours en parallèle des présidentielles de 2012. Le premier tour ou les citoyens proposent des idées de nom pour la monnaie locale du Pays basque Nord. Au deuxième tour, chacun vote pour le nom qu’il préfère. C’est le nom Eusko qui l’a emporté à la majorité. Le choix du nom à été mobilisateur et a créé le buzz.

Le village des alternatives Alternatiba2013 a également été un moment fort. En effet l’Eusko était la monnaie officielle de ce village éphémère. Tout était payable en eusko. Cela a permis de familiariser les résidents et les futurs prestataires avec cette nouvelle monnaie et de la faire connaître à un large public. 12 000 personnes ont participé à cet événement.

Idée#4 : Organiser un village des alternatives à Lyon au moment du lancement de la monnaie Lyonnaise. Peut être un alternatiba Lyon 2015. Vérifier ou en est ce projet à Lyon.

Rencontre avec une des associations partenaires  de l’Eusko :

j’ai la chance de pouvoir échanger avec Isabelle Capdeville qui est co-présidente de l’inter AMAP du Pays basque et Sylvie Barrans porte-parole de ce groupe. Ce collectif regroupe une vingtaine d’AMAP , soit environ 1300 foyers. L’inter AMAP a voté l’adhésion à l’eusko en janvier 2013, c’est à dire au tout début du projet de monnaie locale. L’inter AMAP accepte les paiements des cotisations en euskos. Ils se sont lancés car ils se sentaient en phase avec ce projet qui allait dans le même sens que l’objectif des AMAP : maillage économique territorial, vivre autrement, circuits courts. Ils évaluent environ à 5 % le nombre de leurs adhérents qui utilisent les euskos à titre individuel. 30 de leurs adhérents sur 500 ont payé leur cotisation en eusko. Ils ont eut la chance cette année de recevoir 108 euskos de don grâce à la cagnotte associative.

Un des avantages des monnaies locales pour Isabelle, est de déclencher des débats de société autour de cette question des monnaies locales. Des questions profondes et importantes sont directement connectées avec le fait d’utiliser une monnaie locale. De plus, elle aime l’idée d’utiliser la monnaie locale pour stimuler des personnes dans des dynamiques locales. Elle se souvient de cette occasion ou elle à remboursé une dette à une amie en monnaie locale. Celle-ci a donc du adhérer à Euskal Moneta pour pouvoir dépenser ses euskos. Elle est depuis devenue une ambassadrice active de cette monnaie locale.

Isabelle regrette , cependant, qu’il n’y ait pas plus souvent de conférences sur les mécanismes de l’économie et l’importance de la relocalisation. Elle témoigne que beaucoup de personnes ne sont pas conscientes des conséquences de leurs achats et de leurs choix individuels.

Elle trouverait particulièrement intéressant de pouvoir visualiser de manière graphique les flux monétaires sur le territoire.

idée #5 : trouver et utiliser un logiciel pour simuler les flux monétaires entre les acteurs du réseau Gonette.

Isabelle trouverait intéressant d’inclure dans le cursus de gestion pour les agriculteurs bio, un module sur les monnaies locales. Cela permettrait une sensibilisation plus systématique des acteurs économiques.

Idée#6 : se renseigner à Lyon pour donner des présentation sur les monnaies locales dans diverses écoles de management ou d’agriculture Lyonnaises.

Elle rajoute : « Nous n’avons pas vraiment mis en place une dynamique de sensibilisation des AMAP pour leur expliquer les monnaies locales, mais ça pourrait faire adhérer à l’eusko plus de membres. »

Idée #7 : sensibiliser les AMAP et Inter AMAP lyonnaises du projet de monnaie locale

Isabelle perçoit une menace pour la monnaie locale. Tout simplement si avec le temps nous oublions de la soutenir, et que celle-ci se fragilise. Vigilance donc.

Isabelle nous met en garde au sujet du nom de notre monnaie. Le fait que ce nom soit féminisé pourrait mal passer auprès des mouvements féministes.

Rencontre d’un des pilotes de l’eusko :

J’ai la chance de pouvoir discuter pendant 1 heure avec Dante qui est l’un des porteurs principaux de ce projet eusko. Nous nous retrouvons à la terrasse du Bistrot des Halles de Bayonne qui, bien entendu, accepte les euskos.

Dante me rappelle les 2 objectifs de la monnaie locale du Pays basque :

1. Relocalisation de l’économie, avec des conséquences positives pour l’environnement et l’emploi local

2. Soutien à la langue basque, aujourd’hui encore menacée de disparition

L’eusko est actuellement accepté chez près de 600 prestataires dont 35% ont déclaré avoir pris au moins un fournisseur local en plus depuis qu’ils ont intégré l’eusko. Ce qui veut dire que la monnaie locale à créée au moins 200 nouvelles relations commerciales locales en à peine une année.

Il me confirme que le chiemgauer de Bavière, accepté par 650 prestataires en 10 années d’exercice, fut un de leur principal modèles monétaires. Ils ont par exemple gardé les fameux 3 % remis aux associations lorsque des euros sont échangés en eusko. Chacun peut choisir à quelle association il offre ses 3 %. Cet élément est très pertinent car cela donne une dimension sociétale à l’utilisation de la monnaie locale. C’est, selon Christian Gelleri, le fondateur du chiemgauer, plus puissant que de proposer 105 euskos pour 100 euros convertis comme le font certaines monnaies. L’eusko a pris la décision de ne pas mettre en avant le gain personnel mais plutôt de privilégier l’engagement collectif. Ceci en est une de leurs pierres angulaires. Grâce à cette cagnotte, Euskal moneta a distribué plus de 10 000 euros a une trentaine d’associations locales pour sa première année d’exercice.

Une des différences avec le chiemgauer, est que l’eusko a mis en place un système de critères pour adhérer à l’eusko, alors que le chiemgauer accepte tous le monde.

Idée #8 : mettre en place au sein de la Gonette ces 3 % pour les associations. Cela permet d’obtenir l’adhésion active de nombreuses associations locales, mais aussi de donner une dimension altruiste au projet de monnaie. Et bien entendu, de soutenir les associations locales choisies par les utilisateurs.

10 maires du Pays basque Nord se sont engagés à soutenir l’eusko durant leur mandat actuel, notamment le maire de Bayonne, grâce à la campagne d’engagement coordonnée par Bizi à la suite d’alternatiba.

Le partenariat avec Herrikoa est une innovation de l’eusko. Cette organisation basque est un fond d’investissement basque majoritairement financé par plus de 4000 citoyens et par des collectivités locales. Cet argent sert à investir dans des sociétés locales ayant une dimension sociale et/ou solidaire. Herrikoa engage un euro de son fond pour chaque eusko mis en circulation. L’attribution de cette somme, s’élevant à plus de 230 000 euros , sera prêtée à des projets choisis par Euskal moneta et ses membres. Projets en phase avec les valeurs de l’eusko : défense de l’environnement, de la langue basque, ou solidarité. Ce partenariat permet de démultiplier l’impact positif de la monnaie locale sur le territoire et de soutenir les entrepreneurs locaux.

L’Eusko n’a pas défini d’objectif pour l’avenir, si ce n’est de maintenir leur position. Par exemple , l’un des enjeux actuel, est de s’assurer du réengagement des 2700 individus et des 600 organisations pour la troisième année. Pour ce faire ils vont mettre en place une campagne de phoning à l’aide d’une personne salariée pour cette mission et en utilisant un logiciel de CRM (Customer Relationship Management) libre et local du nom de Dolibarr. Cet outil permet de gérer de manière efficace, et professionnelle les comptes de chaque individu et surtout de chaque prestataire, ce qui est beaucoup plus complexe : suivi des défis, inscription du RIB, description de l’activité pour l’annuaire…

Idée #9: utiliser un CRM pour la gestion des utilisateurs et prestataires de la Gonette dès le départ. Nous pouvons utiliser le logiciel Dolibarr.

Les communes n’acceptent pas actuellement le paiement des taxes locales en monnaies complémentaires. Ceci existe en Angleterre par exemple, mais uniquement grâce à leur logique juridique très différente de la nôtre. « En Angleterre une démarche est légale tant qu’elle n’est pas interdite. En France une démarche est illégale tant qu’elle n’est pas autorisée » explique Dante.

Idée #10 : Se renseigner sur les paiements de taxes locales en monnaies locales en Angleterre et autre pays.

Idée#11 : Faire du lobbying national pour l’acceptation des paiement de taxes locales en monnaies complémentaires

Nous avons actuellement 6 salariés : 2 CDI, 3 CAE et 1 emploi d’avenir. Un CAE coûte 350 euros par mois. Si celui ci fait rentrer 70 adhérents à 5 euros ou 6 commerçants à 60 euros alors son poste est financé. Dante explique qu’idéalement une dizaine de salariés seraient nécessaires, mais ils s’adaptent à la situation et se déploient de manière la plus pragmatique possible.

Ils ont touchés environ 30 000 euros de subventions venant principalement du conseil général, la communauté d’agglo ACBA et l’office de la langue basque.

Les bénévoles jouent un rôle central pour le projet eusko. 10 bénévoles apportent une aide conséquente dans la gestion et une quarantaine de bénévoles apportent une aide plus ponctuelle.

Une trentaine de membres minimum sont capables de présenter la monnaie locale et de jouer le rôle d’ambassadeurs eusko.

« Actuellement nous sommes à 50 % d’autofinancement, 25 % de subventions et 25 % d’aide aux salaires via le CAE » nous explique t’il. Atteindre un tel niveau d’autonomie financière en moins de deux ans est remarquable et nous servira à définir le budget prévisionel de la Gonette.

J’aborde le sujet des moyens de paiements choisis par l’eusko et des perspectives a venir. Dante explique : « nous testons actuellement d’autres moyens de paiements que les coupons billets. Par exemple le logiciel cyclos pour les virements électroniques. C’est un logiciel libre déjà utilisé par de nombreuses monnaies, dont le chiemgauer. «

Idée#12 : Obtenir une démonstration de cyclos pour une utilisation potentielle das le projet Gonette

« Nous développons également une carte de paiement magnétique en partenariat avec Ecosol. Cette carte sera utilisable sur les terminaux à carte bleue et coûtera 60 euros par commerçant pour la mise en place et 1.2 euros pour l’achat de la carte. Nous allons négocier avec notre partenaire chèque déjeuner pour que les groupe monnaies complémentaires bénéficient tous des mêmes tarifs préférentiels. »

Il rajoute : « Une carte du territoire avec la géolocalisation des différents prestataires à été réalisée par un bénévoles de l’association ». Ils travaillent actuellement pour la création d’une application pour smartphone qui permettra de géolocaliser les magasins acceptants les euskos les plus proche. Cette appli sera libre de droit et cela est donc une excellente nouvelle pour le projet Gonette qui pourra bénéficier de toutes les avancées de ses prédécesseurs.

Rencontre avec Xabi, coordinateur de l’eusko

Il m’explique la composition de l’équipe salariée, au nombre de 6.

– 2 démarcheurs de prestataires : Emmanuel (CDI, 35h) et Maïa (CAE, 26h)

– 1 secrétaire et community manager : Joanes (contrat d’avenir, 35h)

– 1 gestionnaire des bureaux de change : Marie Christine (CUI, 26h)

– 1 Gestionnaire des événements et bénévoles : Marie (CAE, 20h)

– 1 coordinateur : Xabi (CDI, 35h)

Il nous conseil de bien identifier le profil du poste avant de réaliser des recrutements, et de bien identifier le type de personne requise pour le poste. C’est une bonne idée de prendre des personnes en service civique ou stage et de les transformer en salariés s’ils correspondent bien aux besoins du projet.

Le prélèvement des 3 % pour les assos n’a pas lieu lors de la conversion des euros en eusko, mais au moment ou des euskos sont convertis en euros. Une taxe de 5 % est ponctionnée. 3 % pour les assos et 2 % pour les frais de fonctionnement d’Euskal moneta.

La validation par l’ACPR du projet se fait via un questionnaire à remplir et des pièces à fournir. Le fond de réserve est placé sur un livret d’épargne Nef/crédit coop et s’élève à environ 300 000 euros actuellement. Cependant ni la Nef, ni le crédit coopératif n’ont eu à contrôler le fonctionnement de la monnaie complémentaires. C’est bien l’ACPR qui contrôle elle même.

Pour terminer, Xabi nous recommande de bien réfléchir et choisir nos indicateurs de performance, liés à nos objectifs. C’est essentiel.

Idée #13 : Identifier les indicateurs de performance de la Gonette.

Il est content de voir qu’ils ont inscrits 50 nouveaux membres pendant les fêtes de Bayonne, grâce à un affichage massif partout dans le ville. Ils ont également échangés 5000 euros en eusko en 5 jours.

Ils utilisent le logiciel libre Dolibarr pour le CRM. Ce sont des bénévoles qui assurent la saisie des nouveaux membres, un travail assez conséquent.

Les paiements partiel des salaires semblaient possible mais ils ont finalement reçu un refus des autorités. Probablement car il n’existe pas encore de case « monnaie complémentaires » sur les déclarations de paye. La seule chose possible est le défraiement des bénévoles et salariés en monnaie locale pour des petits frais.

idée#14 : Faire du lobbying pour permettre le paiement partiel des salaires en monnaies complémentaires comme ça se fait déjà en Angleterre.

Entretien avec Marie-Christine, la responsable des bureaux de change :

Elle a démarré en début d’année 2014 et elle coordonne les 22 bureaux de change répartis sur tous le Pays basque. Chaque bureau de change est responsable de mettre les euros échangés sur un compte bancaire (en général au crédit agricole ou à la banque postale). Ces montants sont tous rapatriés vers un compte Crédit coopératif dédié au transfert des fonds vers le livret Nef de réserve (voir Fig.1). Son rôle est de vérifier si les virements ont bien eu lieu et si tous les transferts sont bien comptabilisés. Elle travaille en collaboration avec les deux démarcheurs sur le terrain pour aller chercher les bulletins d’envoi des fonds vers les différentes banques. C’est aussi elle qui assure les conversions d’euskos en euros. Ça arrive environ une fois par semaine pour des sommes allant de 500 à 2000 euros.

Elle m’explique également le quotidien de ces deux démarcheurs. Ils vont à la rencontre de commerçants et associations qui ne sont pas encore parmi les prestataires. Ils vont aussi rencontrer les prestataires existant pour s’assurer que tout se passe bien. Notamment voir s’il n’y a pas des accumulations d’euskos à certains endroits. Si le cas se produit, ils tentent d’intégrer dans le réseaux les fournisseurs de ce prestataire afin que celui-ci puisse écouler ses euskos.

Ils assurent également une présence sur les salons, festivals, événements, tenir des stands afin de sensibiliser des utilisateurs à utiliser l’eusko.

Entretien avec Patxi Bergara du fond Herrikoa

Herrikoa est un fond d’investissement basque unique en son genre et partenaire de l’eusko. Ce fond est alimenté par plus de 4000 financeurs individuels locaux qui détiennent des actions d’Herrikoa. Cet argent est utilisé pour prendre des actions dans des projets type ESS dans le pays basque. Le fond Herrikoa s’est engagé à doubler l’impact de l’eusko en créant un fond égal aux euros changés en euskos. Cela veut dire qu’il y a actuellement plus de 230 000 euros mis a disposition de projets sélectionnés par Euskal moneta. 30 000 euros sont déjà engagés dans deux projets locaux. Il reste donc encore 200 000 euros à attribuer. Il ne reste donc qu’à trouver des projets à financer.

Il n’existe pas d’équivalent à Herrikoa en Rhône Alpes. Ce qu’il y a de plus proche seraient « les cigales ».

Idée#15 : démarcher « les cigales » du Rhône pour leur proposer un partenariat similaire à celui d’Herrikoa – eusko

petite synthèse en 15 idées :

Idée#1 : Proposer dans les offices de tourisme des enveloppes « monnaies locales » incluant une carte d’adhérent, provisoire ou annuelle (il faut être membre de l’asso pour utiliser l’eusko). les touristes pourraient changer leurs euros en monnaie locale, comme lorsqu’ils partent à l’étranger. La différence étant qu’ici ils s’assurent que l’argent qu’ils dépensent pendant leur séjour vient à 100 % soutenir durablement ce territoire. Parce qu’après leur passage les propriétaires de la chambre d’hôtes ne pourront utiliser leurs eusko qu’auprès de paysans locaux, de petits commerçants, prestataires, etc.

Idée#2 : Faire venir à Lyon des porteurs de projets monnaie complémentaires pour nous inspirer et nous donner envie de faire la nôtre. Dante de l’eusko serait super ou Andréa du sol violette, voir même fréderic Bosqué qui passe à Lyon en octobre.

Idée#3 : impliquer dans le projet les associations équivalentes à Bizi sur Lyon : Colibris, collectif pour transition Citoyenne, Anciela, Attac Lyon,…

Idée#4 : Organiser un village des alternatives à Lyon au moment du lancement de la monnaie Lyonnaise. Peut être un alternatiba Lyon 2015. Vérifier ou en est ce projet à Lyon.

idée #5 : trouver et utiliser un logiciel pour simuler les flux monétaires entre les acteurs du réseau mlc.

Idée#6 : se renseigner à Lyon pour donner des présentation sur les monnaies locales dans diverses écoles de management ou d’agriculture lyonnaises.

Idée #7 : sensibiliser les AMAP et Inter AMAP lyonnaises du projet de monnaie locale

Idée #8 : mettre en place au sein de la Gonette ces 3 % pour les associations. Cela permet d’obtenir l’adhésion active de nombreuses associations locales, mais aussi de donner une dimension altruiste au projet de monnaie. Et bien entendu, de soutenir les associations locales choisies par les utilisateurs.

Idée #9: utiliser un CRM pour la gestion des utilisateurs et prestataires de la Gonette des le départ. Nous pouvons utiliser le logiciel Dolibarr.

Idée #10 : Se renseigner sur les paiements de taxes locales en monnaies locales en Angleterre et autre pays.

Idée#11 : Faire du lobbying national pour l’acceptation des paiement de taxes locales en monnaies complémentaires

Idée#12 : Obtenir une démonstration de cyclos pour une utilisation potentielle das le projet Gonette

Idée #13 : Identifier les indicateurs de performance de la Gonette.

idée#14 : Faire du lobbying pour permettre le paiement partiel des salaires en monnaies complémentaires comme ça se fait déjà en Angleterre.

Idée#15 : démarcher « les cigales » du Rhône pour leur proposer un partenariat similaire à celui d’Herrikoa – eusko